Aujourd’hui, l’explication la plus répandue et qui revient le plus souvent dans le discours officiel et  celui des simples gens pour justifier la faillite des compagnies maritimes nationales et de tout le secteur et celle de sa mauvaise gestion.

« Il y a trois sortes d'hommes: les vivants, les morts, et ceux qui vont sur la mer. » disait Aristote. Aujourd’hui, avec l’extinction de nos gens de mer, il  n’existe plus dans notre pays, que deux genres d’hommes : ceux qui tiennent parole et ceux qui vendent la parole.

SI ce qui reste de nos compagnies maritimes pouvait partir à la conquête de nouveaux ports; si elles pouvaient s’appuyer sur des grands groupes internationaux pour prendre leur envol; si ce secteur pouvait reconstituer sa flotte d’antan... avec des si et des si, on pourrait, comme Barbe noire dans le film Pirates des Caraïbes, mettre des bateaux en bouteille. La crise du transport maritime est un véritable gâchis économique. On en découvre la mesure aujourd’hui, l’on s’en doutait hier.

Peut-on compter sur la bienveillance de notre voisin du nord, empêtré dans une crise économique dont il ne connait pas encore la fin, pour ne pas user de sa position dominante dans le détroit de Gibraltar pour imposer ses propres règles du jeu et tirer le meilleur profit de cette situation?

Aujourd’hui il faut le reconnaitre, le secteur du transport maritime national a faillit. Les fleurons de notre pavillon ont tour à tour quitté la scène : MARPHOCEAN, LIMADET, COMANAV, COMARIT, COMANAV FERRY, IMTC. D’une flotte qui comptait 66 navires en 1987, on est tombé à 4 navires encore en activité aujourd’hui.

A mon humble avis, le plus grand défi auquel fait face aujourd’hui notre pays, n’est pas tant celui de notre sous-développement économique, social et politique, mais bel et bien celui de la confiance qu’inspire notre système de gouvernance auprès de son élite : celle qui veut servir son pays et non pas celle qui veut se servir du pays.

Si tout le monde a pointé du doigt la gestion du secteur du transport maritime comme la principale défaillance ayant conduit à la faillite du pavillon marocain, aujourd’hui, force est de reconnaître que nous souffrons d’un manque flagrant de compétences en nombre suffisants pour répondre aux besoins du secteur.