Après la tenue, les 21 et 22 mai 2026 à Tanger, de la première édition des Assises maritimes nationales, le ministère du Transport et de la Logistique veut passer au concret. Le MTL a ainsi engagé une nouvelle étape consacrée à la mise en œuvre concrète des recommandations formulées lors de cet événement. Le dispositif prévoit la création d’un Comité de pilotage interdépartemental, chargé d’assurer le suivi de la mise en œuvre effective des recommandations et de favoriser la convergence des actions des différents départements et parties prenantes concernés.
Ce Comité de pilotage sera adossé à cinq Task Forces techniques, conçues comme des structures opérationnelles chargées de traduire les grandes orientations des Assises en actions concrètes. Leur mission consistera notamment à organiser périodiquement des ateliers de travail thématiques réunissant les administrations, organismes et acteurs concernés, afin d’approfondir les recommandations, d’identifier les modalités de leur mise en œuvre et de faire émerger des plans d’action cohérents. Les travaux du Comité et des Task Forces devront, à terme, alimenter les propositions et recommandations soumises à l’examen d’un Comité interministériel, dont les modalités d’instauration et de fonctionnement restent à définir.
La première Task Force sera consacrée à la « Gouvernance et refonte législative et réglementaire », avec notamment la mise en place envisagée d’un Conseil National Supérieur de la Mer, le renforcement du rôle et des moyens de la Direction de la Marine Marchande, l’amélioration de la coordination entre les différents sous-secteurs maritimes et la refonte du cadre juridique maritime, notamment du Code de commerce maritime. La deuxième Task Force, dédiée au « Développement de la flotte nationale et souveraineté logistique », devra travailler sur les mécanismes de financement et de garantie pour l’acquisition et la modernisation des navires, mais également sur la création d’un Registre International Marocain et l’adaptation du régime fiscal maritime.
La troisième Task Force portera sur la « Modernisation logistique et industrielle maritime », avec pour priorités la digitalisation de l’écosystème maritime, le développement de systèmes intelligents et de plateformes numériques intégrées, ainsi que l’émergence d’un écosystème national de construction et de réparation navales. La quatrième, consacrée à la « Sécurité de la navigation maritime et transition énergétique », aura notamment à traiter le renforcement de la surveillance maritime, la gestion des navires à la dérive et l’élaboration d’une feuille de route nationale pour la décarbonation du transport maritime, intégrant les enjeux liés aux émissions, aux carburants alternatifs et à l’efficacité énergétique.
Enfin, la cinquième Task Force sera dédiée à la « Formation, recherche et coopération internationale ». Elle devra contribuer à l’adaptation du système national de formation maritime aux besoins futurs du secteur, avec notamment l’ambition de développer un écosystème intégré de formation, de recherche et d’innovation, la création d’une université maritime à Tanger et le repositionnement stratégique de l’ISEM comme pôle national d’excellence.
À travers cette architecture composée d’un Comité de pilotage et de cinq Task Forces, les recommandations des premières Assises maritimes nationales entrent ainsi dans une phase davantage opérationnelle, avec l’objectif affiché d’assurer leur déclinaison de manière cohérente, concertée et efficace entre les différents acteurs publics et privés.