À El Jadida, en marge du SIPORTS 2026, la représentante du Ministère de l’Économie et des Finances, Mme Siham Fellahi, a défendu une vision ambitieuse de l’économie bleue, présentée comme un moteur de transformation systémique pour le développement du Maroc.
Intervenant lors de l’édition 2026 du Salon international des ports et de leur écosystème (SIPORTS), organisée à El Jadida, Siham Fellahi, représentante du ministère de l’Économie et des Finances et coordinatrice de la Commission interministérielle pour le développement de l’économie bleue (CIDEB), a mis en avant le rôle structurant de l’économie bleue dans la trajectoire de développement du Royaume.
Selon Siham Fellahi, l’économie bleue s’inscrit dans une logique de transformation globale, reposant sur trois piliers fondamentaux. Sur le plan climatique, elle vise à renforcer l’adaptation et la résilience face aux changements climatiques, afin de préserver le capital naturel. Sur le plan économique, elle favorise l’émergence de nouvelles chaînes de valeur intégrées, innovantes et créatrices d’emplois. Enfin, sur le plan technologique, elle repose sur une innovation ciblée et sur la maîtrise stratégique des données maritimes.
Cette approche traduit une volonté de dépasser les logiques sectorielles traditionnelles pour construire un modèle intégré de développement maritime.
La stratégie nationale de l’économie bleue en structuration
Au cœur de cette dynamique, la Stratégie nationale de l’économie bleue (SNEB) vise à repenser l’économie maritime dans sa globalité. Elle ambitionne de dépasser les silos administratifs, de bâtir une vision cohérente alignant l’ensemble des parties prenantes du littoral, et d’organiser le passage à l’échelle à travers des mécanismes de gouvernance, de financement et de déploiement de projets.
Cette stratégie couvre plusieurs secteurs clés, notamment la pêche et l’aquaculture, les ports, le transport maritime et l’industrie, le tourisme littoral ainsi que les énergies marines.
Un rôle central pour le ministère de l’Économie et des Finances
Dans cette architecture, le ministère de l’Économie et des Finances joue un rôle central et transversal. Il intervient en tant qu’architecte, garantissant la cohérence et l’alignement des politiques publiques, mais aussi comme acteur structurant, chargé de concevoir et de déployer des instruments de financement adaptés. Il agit également en tant qu’accélérateur, facilitant le passage à l’échelle des projets et leur mise en œuvre opérationnelle.
Siham Fellahi a insisté sur la nature du défi posé par l’économie bleue, qu’elle qualifie d’« adaptatif » plutôt que technique. Si les outils existent, notamment à travers la loi organique des finances, les programmes budgétaires triennaux, les plans de développement régionaux et les stratégies sectorielles, l’enjeu réside dans la capacité des acteurs à collaborer, à coordonner leurs actions et à construire des solutions communes.
Des leviers financiers pour accompagner la transition
Pour soutenir cette transformation, plusieurs mécanismes financiers sont mobilisés. Parmi eux, le blended finance, combinant financements publics et privés pour catalyser les investissements à fort impact, ainsi que les partenariats public-privé (PPP), destinés au développement et à l’exploitation des infrastructures liées à l’économie bleue.
Des fonds thématiques dédiés sont également envisagés afin de canaliser les investissements vers des segments spécifiques du secteur.
Au-delà des instruments, la responsable a rappelé que les acteurs publics ont une responsabilité particulière dans l’orientation de la dépense publique, afin de donner à cette transition les moyens de sa réalisation.
À travers cette intervention, l’économie bleue apparaît ainsi comme un chantier structurant pour le Maroc, à la croisée des enjeux économiques, environnementaux et territoriaux, et comme un vecteur clé pour renforcer l’intégration du littoral atlantique dans les dynamiques de croissance durable.