Commerce extérieur : des exportations toujours dynamiques, mais un déficit commercial qui se creuse

Commerce Exterieur
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Le commerce extérieur marocain continue d'afficher une dynamique soutenue en 2026, portée par la montée en puissance des secteurs industriels exportateurs.

Toutefois, cette progression reste insuffisante pour compenser l'accélération des importations, entraînant une aggravation du déficit commercial. Selon les dernières données de l'Office des changes arrêtées à fin mai 2026, les importations ont atteint 370,5 milliards de dirhams, en hausse de 11,8 % par rapport à la même période de 2025, tandis que les exportations se sont établies à 211,4 milliards de dirhams, en progression de 7,9 %. Il en résulte un déficit commercial de 159,1 milliards de dirhams, en aggravation de 20,8 %, avec un taux de couverture ramené à 57,1 %. 

Cette évolution traduit avant tout la vigueur de la demande en biens d'équipement et en intrants industriels, signe d'une économie nationale qui poursuit son effort d'investissement. Les achats de produits finis d'équipement, de biens de consommation, de produits bruts et de produits énergétiques figurent parmi les principaux moteurs de la hausse des importations. Si cette tendance alourdit la facture commerciale à court terme, elle reflète également la poursuite des grands chantiers industriels, logistiques et infrastructurels engagés par le Royaume. La dépendance énergétique du Maroc continue néanmoins de peser lourdement sur la balance commerciale, malgré la diversification progressive des sources d'approvisionnement. 

Du côté des exportations, le secteur automobile confirme son statut de locomotive du commerce extérieur marocain. Les ventes à l'international progressent à un rythme soutenu grâce aux performances des activités de construction et de câblage, consolidant la place du Royaume parmi les principales plateformes industrielles de la région. Les phosphates et dérivés, l'aéronautique, l'agroalimentaire et l'électronique continuent également de contribuer à la diversification des exportations, même si leur croissance demeure moins rapide que celle des importations. Cette configuration confirme la montée en gamme progressive de l'appareil productif national, tout en soulignant la nécessité d'élargir davantage la base exportatrice.

Au-delà des chiffres, l'année 2026 met en évidence un défi structurel : transformer les performances industrielles en un rééquilibrage durable de la balance commerciale. Les investissements réalisés dans les infrastructures portuaires, notamment autour de Tanger Med et de Nador West Med, ainsi que les projets liés à l'industrie navale, à la logistique et à l'économie bleue, devraient renforcer à moyen terme la compétitivité des exportations marocaines. Toutefois, cette ambition suppose également une meilleure intégration industrielle, une réduction de la dépendance aux importations de composants et une accélération de la substitution aux importations dans plusieurs filières stratégiques.

En définitive, les derniers indicateurs traduisent un paradoxe économique. D'un côté, le Maroc confirme son attractivité industrielle et son intégration croissante dans les chaînes de valeur mondiales, comme en témoigne la progression continue de ses exportations. De l'autre, la forte hausse des importations rappelle que cette transformation repose encore largement sur des approvisionnements extérieurs en énergie, équipements et intrants industriels. L'enjeu des prochaines années: améliorer la qualité des échanges, en augmentant la valeur ajoutée nationale des exportations et en renforçant la souveraineté productive du Royaume.