À l’approche de l’opération Marhaba, les difficultés d’accès aux liaisons maritimes entre l’Europe et le Maroc s’intensifient. Annulations de dernière minute, offre limitée et manque de visibilité alimentent les critiques, notamment à l’encontre de la compagnie Grandi Navi Veloci (GNV).
À quelques semaines du lancement de l’opération Marhaba, prévue début juin, la situation du transport maritime des passagers suscite une inquiétude croissante parmi les Marocains résidant à l’étranger (MRE). Plusieurs témoignages font état de perturbations répétées, marquées par des annulations de traversées et une offre jugée insuffisante sur certaines lignes stratégiques.
Parmi les compagnies pointées du doigt, Grandi Navi Veloci (GNV) est régulièrement citée pour des annulations intervenues à la dernière minute, notamment sur des liaisons reliant le nord du Maroc à l’Espagne. Dans ces situations, les passagers se voient proposer soit un report à une date ultérieure, parfois éloignée, soit un remboursement, sans toujours bénéficier de solutions alternatives adaptées à leurs contraintes.
Une offre déséquilibrée selon les lignes
Au-delà des annulations, la structure de l’offre maritime fait également l’objet de critiques. Sur certaines lignes opérées par GNV, le nombre de traversées programmées durant les périodes de forte affluence apparaît limité. À titre d’exemple, certaines liaisons ne proposent que quelques départs en juillet, alors que d’autres routes alternatives affichent une fréquence nettement plus élevée.
Ce déséquilibre contraint de nombreux voyageurs à se tourner vers des itinéraires plus coûteux ou impliquant des trajets terrestres supplémentaires. Certaines liaisons concurrentes, bien que plus chères, offrent davantage de rotations, accentuant le sentiment d’inégalité dans l’accès au transport maritime.
La problématique ne se limite pas aux départs estivaux. Les retours, notamment entre fin août et début septembre, souffrent également d’un manque de programmation sur certaines lignes, renforçant l’incertitude pour les familles.
Des coûts supplémentaires et peu de flexibilité
Autre point de tension : les conditions de modification des réservations. Des passagers rapportent que les demandes de réacheminement vers d’autres lignes, y compris opérées par la même compagnie, peuvent entraîner des frais supplémentaires, sans geste commercial notable en cas d’annulation initiale.
Cette situation alimente un sentiment d’incompréhension, d’autant plus que les voyageurs concernés sont souvent engagés dans des contraintes familiales et professionnelles strictes.
Les agences de voyage et les usagers évoquent également un manque de visibilité sur les programmes de traversées. Si la possibilité d’ajouter de nouvelles rotations est parfois évoquée, aucun calendrier précis n’est communiqué, compliquant davantage l’organisation des déplacements.
Pour de nombreux habitués, cette situation contraste avec les années précédentes, où les plannings étaient jugés plus lisibles et plus stables.
Un enjeu stratégique à l’approche de Marhaba
Dans ce contexte, les difficultés rencontrées interrogent sur la préparation de l’opération Marhaba, qui constitue chaque année un moment clé pour la mobilité des MRE. La fluidité des liaisons maritimes est en effet un élément central du dispositif, compte tenu de l’importance des flux entre l’Europe et le Maroc.
Les critiques visant GNV s’inscrivent ainsi dans une problématique plus large, celle de l’adéquation entre l’offre de transport maritime et la demande croissante. Elles soulignent également la nécessité d’une meilleure coordination entre les opérateurs et d’une communication plus transparente envers les usagers.